Archives de Tag: Management

Culture du mépris versus fierté au travail : quand le management par le care nous invite à un travail de (re)valorisation des métiers de service et de la relation

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Les éditions de la Découverte ont eu l’excellente idée d’éditer l’an passé, en français, l’ouvrage séminal d’Arlie R. Hochshild. Cette parution a été pour moi l’occasion de revisiter les travaux de cette grande sociologue, à qui l’on doit le concept de « travail émotionnel »[1].

Dans la présente contribution, je souhaite développer un thème essentiel sur lequel cette auteure insiste, celui du mépris (ou, du moins, de la déconsidération) qui entache nombre de métiers de service. Parce que la question de la reconnaissance est l’un des piliers du management par le care, je veux ici revenir au « pourquoi » (un tel mépris…) et au « comment » (en sortir…). Ce texte sera repris dans le futur ouvrage que je prépare avec deux co-auteurs pour l’automne…

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Classé dans Le point de vue d'un expert, Métiers de service

Management par le care : trois capacités clés pour réussir la rencontre avec son client / patient

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Jacques TRUPHEMUS, Les chrysanthèmes blancs (2005) – Lyon, coll. part. (détail)

 

Je voudrais partager ici ma conception de ce que j’ai appelé le « management par le care », en le faisant à partir d’une contribution de Walter Hasbeen publiée dans la revue Perspective soignante en 1999 (N°4). W. Hasbeen est bien connu des praticiens hospitaliers notamment du fait de son parcours (il est infirmier et docteur en santé publique) et de ses travaux au sein de l’institut La Source (Paris).[1]

Le management par le care trouve en effet un ancrage tant dans des travaux philosophiques que dans des réflexions émanant de soignants. L’article de W. Hasbeen sur le « prendre soin » (« Le caring est-il prendre soin ? ») me semble opportunément mettre en lumière des éléments qui sont parfaitement généralisables à d’autres contextes organisationnels (aux entreprises, très clairement) : où les professionnels du service et/ou du prendre soin sont tout à la fois des « spécialistes en petites choses », capables de « tenir conseil » et doués d’une « capacité d’inférence » leur permettant de réussir la « rencontre » avec celle ou celui qu’ils servent. Trois capacités clés en somme pour agir en professionnel de la rencontre et mettre en œuvre, ce faisant, un réel « accompagnement ».

Manager ses patients, ses adhérents ou ses clients par le care, c’est donc a minima pouvoir mettre en œuvre ces trois capacités majeures si l’on veut réussir la rencontre. Et ce que l’on dit ici vaut en symétrie pour ce qui concerne l’expérience de nos collaborateurs. Directeurs de l’expérience client, DRH, directeurs du bonheur ou des talents, cette grille de lecture ouvre à mon sens une voie formidable pour penser autrement les enjeux de la relation client, de l’expérience collaborateurs, de la symétrie des attentions© ou de la transformation managériale. Et, partant, pour (re)valoriser des métiers trop souvent mésestimés voire… méprisés dans certaines cultures.

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Lost in… well-being : bien-être et bienveillance en entreprise

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Pour me faire pardonner un récent tweet (gentiment) rageur à l’encontre d’une nième étude qui n’apporte quasiment rien sur notre connaissance des attentes des consommateurs, je voudrais partager ici quelques enseignements issus d’une étude de DELOITTE publiée en juin 2017 que m’a transmise Marc GRASSIN (professeur à l’institut catholique de Paris ; il y signe une belle contribution sur la « bienveillance »). Voilà une enquête qui nous apprend VRAIMENT des choses (à moi en tout cas) et qui mérite à mon sens toute notre attention… Voici donc quelques éléments tirés de cette étude et les réflexions – humeurs ? – qu’ils m’inspirent.

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La vie (managériale) est une affaire de désapprentissage

Par Benoît MEYRONIN, associé fondateur de l’Académie du Service et professeur à Grenoble Ecole de Management

Le sujet de la transformation managériale – en clair, comment faire évoluer les pratiques de management – est l’un des enjeux majeurs dans toutes les organisations aujourd’hui. « Dopées » à la hiérarchie, à une certaine manière de voir le monde, aux processus et autres marqueurs de leur identité managériale, les entreprises cherchent à faire évoluer les pratiques de leurs managers en leur « réapprenant » à voir le monde, à agir et se comporter autrement. Mais le vrai sujet est – comme la vérité (!) – ailleurs : ne pas apprendre mais désapprendre, ne pas ajouter mais retrancher, ne pas alourdir mais chercher à l’inverse à alléger… Petite réflexion à destination des managers et des transformateurs – et de moi-même, car c’est un chemin sur lequel j’essaie d’avancer.

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Transformer les outils de la transformation : quand transformer, c’est prendre d’abord le pouvoir sur soi…

Par Benoît MEYRONIN, professeur senior à l’EM Grenoble, associé fondateur de l’Académie du Service et conseiller scientifique de la Fondation Service Lab.

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J’ai eu l’occasion, dans un article paru le 30 novembre dernier sur ce même blog, de revenir sur quelques fondamentaux de la transformation, appréhendée sous le prisme de l’accompagnement managérial, ce qui en constitue pour moi la trame majeure. Dans la continuité, je voudrais développer ici une idée complémentaire : celle qui consiste à envisager la transformation à l’aune des outils qui permettent de la conduire et de la mettre en œuvre. Je suis frappé en effet par la tiédeur (voire l’obsolescence) des outils conceptuels et méthodologiques qui sont mobilisés pour penser et réaliser la transformation – quel qu’en soit le motif (l’orientation client/service, la digitalisation, etc.).

Or il me semble que la transformation ne peut durablement s’opérer sans transformer les outils de la… transformation, et sans, d’abord, SE transformer. Et l’on cesse alors de croire que la transformation, comme l’enfer, c’est les autres…

Au moment où paraît mon nouvel ouvrage, petite réflexion à l’usage des transformatrices et des transformateurs[1]…  

[1] Cet article a été « nourri » par les échanges qui ont eu lieu dans le cadre du workshop que j’ai organisé avec Séverine Le Loarne sur le campus de Grenoble Ecole de Management à Paris le 25 novembre dernier. Merci à la vingtaine de participantes pour l’inspiration qu’elles m’ont donnée… Il s’appuie également sur mon dernier ouvrage (cf. ci-après).

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Transformer les entreprises : avec quel accompagnement managérial ?

Par Benoît MEYRONIN, professeur senior à l’EM Grenoble, associé fondateur de l’Académie du Service et conseiller scientifique de la Fondation ServiceLab.

Si votre entreprise n’évoque pas le thème de la transformation, vous avez du souci à vous faire… Vous êtes ni dans une entreprise issue de la « vieille » économie qui doit, notamment, s’adapter à l’ère du digital, ni dans l’une des start-up de cette ère qui « disruptent » des pans entiers de cette économie traditionnelle et leurs modèles économiques. Où évoluez-vous donc ? Même à l’hôpital public ou dans le monde du logement social, on parle de transformation. Vous venez sans doute de la planète Mars, petite boule rouge encore épargnée par les incantations du dieu Transformation…

Plus sérieusement, j’aimerais revenir ici sur ce thème majeur pour en explorer une facette centrale : celle de l’accompagnement managérial, à travers trois étapes clés, qui sont aussi trois grandes questions, que sont la quête du sens (« pourquoi (se) transformer ? »), le repositionnement dans la chaîne de valeur managériale (« à quoi je sers ? ») et enfin le développement de nouvelles postures à proprement parler (« comment faire évoluer mes pratiques ? »). Car les grands perdants de la transformation, ne serait-ce pas les managers ?

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Les générations connectées & la transformation des entreprises

Par Benoît MEYRONIN, professeur senior à l’EM Grenoble, associé fondateur de l’Académie du Service et conseiller scientifique de la Fondation ServiceLab.

 

Des entreprises à l’écoute de leurs jeunes collaborateurs pour se transformer[1]

Il y a de cela quelques mois, la marque hôtelière ibis a décidé d’abandonner ses certifications ISO. Elles lui semblaient en effet être devenues décalées du fait des enjeux contemporains (évolution des comportements clients, concurrence des nouveaux entrants…), héritage obsolète d’une culture du Contrôle et du Processus en complet décalage avec la manière de manager aujourd’hui. Ce qui était pointé, nous expliquait en juillet dernier Laurent Seiler[2], c’était aussi le risque de continuer à enfermer le management des hôtels dans une culture ne répondant plus aux attentes des générations connectées.

Signe des temps, manifeste assez radical d’un changement de voie visant à « casser » symboliquement le parangon de l’ère industrielle (sa mise en standards du monde), cette décision aujourd’hui isolée illustre les orientations nouvelles que certaines entreprises prennent pour, notamment, mieux adapter leurs modes de management aux besoins de leurs (jeunes) clients et de leurs (jeunes) collaborateurs.

Dans un autre registre, la Macif a inauguré le 18 octobre dernier son « codir jeune » (avec une moyenne d’âge inférieure à 30 ans) autour du Directeur Général. Il s’agit bien de « constituer un comité consultatif appelé à apporter sa contribution à la transformation quasi-totale de l’entreprise », ainsi que le précise Les Echos[3]. « Nous sommes certains que les millenials sauront nous donner des avis utiles sur des projets de transformation digitale ou d’innovation », soutient Jean-Marc Raby, le DG.

Au-delà de ces deux exemples[4], j’ai eu le plaisir d’animer en Suisse, en septembre dernier, une conférence (suivie d’un atelier) sur ce thème auprès de dirigeants de pharmacies[5] : ces managers ressentaient le besoin de mieux comprendre les attentes de leurs jeunes collaborateurs pour faire évoluer leurs façons de manager. La transformation des entreprises s’opère donc aussi, de façon croissante, en intégrant cette dimension « générationnelle ». Nous examinons, dans les paragraphes qui suivent, quelques aspects de ce rapprochement.

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